IFEX au Liban, mes impressions

C’est le printemps au Liban. Des températures très agréables. Un tapis de verdure. Un ciel bleu taché de blanc. Une mer dont la température est à plus de 23 degrés. Mais les embouteillages de Beyrouth donnent envie de fuir la capitale vers les montagnes verdoyantes. C’est dans ce cadre que le congrès de l’IFEX va avoir lieu. Un congrès, en lui seul, un grand événement.

Ainsi la beauté de la nature et la tolérance du climat ne cachent pas l’excitation qui règne sur différents plans. Tout d’abord l’organisation du congrès, les thèmes à aborder, les invités, la couverture médiatique…C’est une certaine ambiance de travail, de joie et d’attente, mais avec le souci de vouloir réussir ce grand rendez-vous. Le bureau de « Maharat » en est témoin.

Mais il y a aussi l’excitation de la situation générale dans le pays des Cèdres. Le Liban est connu comme un pays « riche » en événements politiques, culturels et sociaux, un pays à situations complexes et contradictoires, d’autant plus que le pays vit sous l’ombre d’un gouvernement démissionnaire depuis plus de 3 mois. La clémence du printemps ne cache pas une canicule politique.

Dans les pays arabes, c’est un autre « printemps » porteur de rêves et de changements, mais aussi de drames et de grandes craintes. Le Liban correspond à un observatoire à partir duquel on peut voir et accompagner ces révolutions arabes. A partir d’ici on peut « voir » tout au long des journées les pancartes des jeunes à la place « Tahrir » en Egypte, on entend les coups de feu au Yémen, et on accompagne minute par minute les cris des manifestants dans les villes syriennes dont on a accueilli des milliers de réfugiés à la frontière libano syrienne.

Le sentiment général est confus: une joie de voir la société arabe transformée vers une société démocratique, libérale et ouverte, mais aussi une crainte de guerres civiles et d’enlisements qui mèneraient de nouveau la société arabe vers des régimes militaires ou théocratiques.

Les medias libanais, de différentes tendances, en font l’écho. Le Liban a toujours eu une particularité qui le distinguait de ses voisins arabes: une presse libre et pluraliste. En outre, les Libanais sur-équipés de journaux, radios, télévisions, réception satellitaire, connexions réseaux, ont toujours été pionniers auprès des pays arabes dans le domaine des medias. D’où l’importance du congrès de l’IFEX au Liban.

Mais une question qui n’arrête pas de se poser: quel est le rôle joué par les medias dans ces révolutions arabes? Que peuvent les medias dans leur mission de la reconstruction de la société ? Sauront-ils exercer un pouvoir de surveil et de contrôle dont ils peuvent exceller? Comment passer d’une culture de « medias officiels », porte parole des régimes, à une culture de medias libres et responsables? Quelle éthique journalistique faut-il diffuser et comment y arriver ?

Le congrès d’IFEX aura beaucoup à dire, à réfléchir et à essayer d’apporter des réponses à des questions infinies, afin de contribuer a la marche du siècle.

About Georges Sadaka, Maharat (Lebanon)

Georges Sadaka is a professor in Lebanese University. He has a PHD in Information Sciences from Paris 2. He is a former director of the Faculty of Information and documentation in the Lebanese University. He conducts academic and journalistic trainings in Media. Sadaka issued many publications and researches on media in Arabic and French.

Posted on May 28, 2011, in Uncategorized. Bookmark the permalink. Leave a comment.

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